Regards charmants de ma maîtresse!
Soupirs, transports, inexprimable ardeur!
Voluptueux silence, et langage enchanteur!
Quoique présents à ma mémoire,
Je ne puis vous rendre, à mon gré,
On ne peint point la volupté:
Après tant de plaisir, ce serait trop de gloire;
Le bonheur d'un mortel doit être limité.
Toi dont l'esprit égale la beauté,
Tu concevras mon impuissance!
Puisque les dieux, par leur sévérité,
Nous privent d'une jouissance,
Remplaçons-la par l'espérance
De n'oublier jamais notre félicité.
Tous les plaisirs de ce monde volage
Ne valent pas un sentiment du cœur;
L'illusion n'est jamais qu'un malheur;
Le véritable amour est un plus doux partage.
S'il s'affaiblit, il devient de l'estime;
Le cœur à cent plaisirs est encor disposé.
D'un monde faux dont l'art est la maxime,
Que reste-t-il, quand cet art est usé?
On définit, et l'on regrette.
La vanité déchire le bandeau;
Avec dépit on pense à la retraite;
On y trouve un chagrin nouveau…
Nous jouirons d'un sort plus beau;
Nous avons connu la tendresse.
Quand les beaux jours de la jeunesse
S'éclipseront comme un beau jour d'été,
Nous aurons la délicatesse,
Les soins, l'amitié, la gaieté,
Les souvenirs: nous puiserons sans cesse
Dans les trésors de la variété,
Pour ranimer le froid de la vieillesse:
Tous les temps ont leur volupté.
Ainsi la chaîne qui nous lie
N'aura point de cours limité:
Avant-coureurs de l'immortalité,
Nos plaisirs dureront autant que notre vie:
L'amour en nous donnant la sensibilité,
Fit avec nous ce doux traité;
Et la raison le ratifie.
Soupirs, transports, inexprimable ardeur!
Voluptueux silence, et langage enchanteur!
Quoique présents à ma mémoire,
Je ne puis vous rendre, à mon gré,
On ne peint point la volupté:
Après tant de plaisir, ce serait trop de gloire;
Le bonheur d'un mortel doit être limité.
Toi dont l'esprit égale la beauté,
Tu concevras mon impuissance!
Puisque les dieux, par leur sévérité,
Nous privent d'une jouissance,
Remplaçons-la par l'espérance
De n'oublier jamais notre félicité.
Tous les plaisirs de ce monde volage
Ne valent pas un sentiment du cœur;
L'illusion n'est jamais qu'un malheur;
Le véritable amour est un plus doux partage.
S'il s'affaiblit, il devient de l'estime;
Le cœur à cent plaisirs est encor disposé.
D'un monde faux dont l'art est la maxime,
Que reste-t-il, quand cet art est usé?
On définit, et l'on regrette.
La vanité déchire le bandeau;
Avec dépit on pense à la retraite;
On y trouve un chagrin nouveau…
Nous jouirons d'un sort plus beau;
Nous avons connu la tendresse.
Quand les beaux jours de la jeunesse
S'éclipseront comme un beau jour d'été,
Nous aurons la délicatesse,
Les soins, l'amitié, la gaieté,
Les souvenirs: nous puiserons sans cesse
Dans les trésors de la variété,
Pour ranimer le froid de la vieillesse:
Tous les temps ont leur volupté.
Ainsi la chaîne qui nous lie
N'aura point de cours limité:
Avant-coureurs de l'immortalité,
Nos plaisirs dureront autant que notre vie:
L'amour en nous donnant la sensibilité,
Fit avec nous ce doux traité;
Et la raison le ratifie.