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Le Berceau de la muse

De mon berceau d'enfant j'ai fait l'autre berceau
Où ma Muse s'endort dans des trilles d'oiseau,
Ma Muse en robe blanche, ô ma toute maîtresse !

Oyez nos baisers d'or aux grands soirs familiers…
Mais chut ! j'entends déjà la mégère Détresse
À notre seuil faisant craquer ses noirs souliers !

Le Baiser supreme

Heureux qui, possédant la Chimère éternelle,
Livre au Monstre divin un cœur ensanglanté,
Et savoure, pour mieux s’anéantir en elle,
L’extase de la mort et de la volupté
Dans l’éclair d’un baiser qui vaut l’éternité !